Les rêves menottés

Pascal Coureau est coscénariste avec l'auteur du Roman   

 

Synopsis 

Il est beau, jeune et intelligent. En lui coulent les mots, le rock et sa puissance, le désir des femmes, l'amour de l'autre, la vie à l'état pur, la liberté. "Il" c'est Noé.
Brimé par son éducation et le regard des autres, exclu par une société conformiste, il souffre, est heureux aussi intensément qu'il vit.

La révolte gronde en lui et  l'entraîne sur le chemin de l'alcoolisme. Transgressant les interdits, gueulant sa souffrance dans son monde débridé, il fera une rencontre déterminante. Marie. Belle comme le jour. C'est aussi pour elle qu' il accepte une désintoxication. Sur ce chemin difficile, d'étranges personnages viendront tour à tour lui tendre la main. Noé sortira-t-il indemne de son conflit intérieur ? Réussira t-il à libérer ses rêves menottés? Finira-t-il, enfin, par retrouver sa paix intérieure?
Un film plein d'émotions, de sensualité. Le film poétique d'une vie chaotique.

 

Guillaume Vivier

Les rêves menottés

 

http://lesrevesmenottes.com/index.html

 

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Du même auteur

Megalo (chez Art Public)

La caresse de l’avenir (chez Henry Miller) éditions Bilingue

 Les Sauveurs assassinés (Chez La Plume) éditions Bilingue

Le jour ou Vivier est devenu un hot dog (Chez Soleil et Cendres)

 Jadis Demain (Chez Harmonia Universum) CD ROM

      

Préface de Fabrice Petit

  Voilà là un beau texte sur la solitude – sur les hésitations et les doutes d’un homme qui aspire au sublime dans la vie. Le courage ne manque pas au héros et ses peurs sont légitimes. C’est là l’amorce de la plus grande aventure qui se puisse vivre – l’aventure de l’esprit dans un monde dont il faut traverser les apparences et dépasser les confusions.

Se faire voyant, donc en quelque sorte, capable de prendre les bons risques pour parvenir non à ses fins mais à la couvée de ses promesses.

Voici donc le roman d’un jeune homme en quête pour qui tous les moyens sont bons – mais certains sont meilleurs que d’autres, et la sensibilité, la sensualité doivent être soumises au mental et non à l’inverse.

Certes, chacun naît la tête sur les épaules, mais cette donnée physique, anatomique ne suffit pas ; encore faut-il, plus tard, que la tête prenne le dessus et le garde. C’est ce dessus qui est le sujet de ce livre. Quel est-il en réalité, en vérité ? Difficile à savoir, mais savoir ce qu’il n’est pas est déjà un gain de temps considérable.

Roman de la solitude – de la souffrance inévitable, dans le goût acre des jours de détresse, c’est l’expression d’un amour aussi, d’une intention, d’un dessus justement que l’on devine dans le passage des nuages ou dans le mouvement répété des vagues sur le sable. Un quelque chose de fraternel qui repousse toujours les frontières de l’étrangeté.

Au final, c’est un beau et fort roman d’aventure – le roman des origines – (de qui, de quoi suis-je l’héritier ? Question essentielle, d’autant plus quand on doit trouver sa propre fratrie !) dont chaque mot m’a ému.

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Introduction de l’auteur

 

Qu’est-ce qui a amené cette souffrance  dans cette fête très intime qui eut lieu il y a 21 ans ? Le narrateur que je suis aujourd’hui ne porte pas de jugements. Noé était à l’époque allumé par la caresse du rock électrique que lui et son entourage écoutaient. C’était comme une île dans le soir, un microcosme. Sa vie publique cachait à peine les désirs de son sexe volcanique. Un chant intérieur qui venait des profondeurs montait dans son coeur et semblait ne jamais devoir retomber. Noé est le héros de l’histoire. Il y a beaucoup de non-dit sur le ressenti. C’est plutôt une description de faits et d’individus.

Lui, beau, pas con, sûr de devenir un grand écrivain, un grand musicien qui occulte les causes de son mal parce qu’il n’en est pas conscient. Un écrivain  qui aujourd’hui a besoin de se connaître, de se réconcilier avec lui-même. Et le monde, vous, moi, les personnages de livres, et les autres, tous les autres.

Ce môme qui avait besoin de tous les excès, doté d’une énergie fantastique, se couchait après les autres, se réveillait avant, brûlant de vie, manquant de sommeil, se détruisant. Il fut  dur avec son Grozami, fidèle Sancho Panca toujours prêt à épater son ami, quitte à se tourner en ridicule, doux avec Jhon Deuf qui était malade schizophrène aux multiples personnalités, mais pas fou, si justement lucide de son état. Le langage du livre est souvent vulgaire, mais il était difficile de parler de soi de manière intelligible en enjolivant les choses. Il n’y a ni voyeurisme, ni exhibitionnisme, le bonheur comme la souffrance est incroyable.

Ce passage insolent de ma vie m’a poursuivi longtemps durant mes années de recherche et d'excès, dans un théâtre ou j’étais un spectateur privilégié de ma propre mise en scène. Je le répète, Noé ne savait pas qu’il souffrait et écrire cet aveu aujourd’hui me crée un pincement au coeur. Ce morceau de vie digne d’un roman  devait être écrit un jour dans un  accent de vérité absolu afin de consumer les humiliations et les rebuffades dont le héros a souvent été victime. Les ruptures et les blocs de temps dans ce livre sont cohérents L’esprit répond au corps comme le feu par un rayonnement extrêmement puissant, issu des profondeurs de l'instinct. Cette fuite en avant dans la recherche d’exister  m’interroge encore aujourd’hui . Le héro savait que quelque chose n’allait pas. Il avait besoin de Robert et de son petit cercle d’intimes qui le voyaient bousiller sa vie et se construire devant leur nez. L’épisode de l’hôpital, il n’en avait pas vraiment besoin. Il cherchait une île. Cette tragédie ressemblera peut être pour certains à l’histoire d’un gars et d’une fille qui s’amusent à vivre. Mais il s’agit d’abord de l’histoire d’un clan, et il s’agit toujours de l’histoire d’un clan. Quel soulagement pour quiconque d'avoir enfin trouvé l'être ou les êtres auxquelles il aspirait, d'être en un lieu avec des gens et ne plus avoir envie de partir. C’est l’histoire d’une perdition pour mieux construire, elle me dépasse sur plusieurs points. Je la trouve pleine de naïveté et d’assurance, pas équilibrée et absolument naturelle. J'ai encore beaucoup à apprendre de l'existence, j’ai encore faim. Pour une fois je parle simplement, très sincèrement comme dans un rêve de gosse. Tout cela  passe dans ce livre, avec ces personnages. Je ne serais plus jamais seul Indépendamment des tremblements de terre, de la famine ou des guerres, l’être humain dramatise son existence, est spectateur de lui-même. Lucide parfois. Il essaie. Après, avec le lecteur, c’est une histoire de longueur d’onde.
Durant ce « livre scénario », vous devrez remplir  les silences, revenir sur cet avant propos si vous êtes perdus. Vous ne saurez rien de l’enfance du héros, vous ne saurez pas ce qu’est devenue Laé. Vous devrez lire dans les fonds de verres. J’ai bien envie de serrer ce gosse dans mes bras, 21 ans après, mais des incertitudes planent encore sur moi-même au présent. Je suis devenu un loup solitaire, je laisse venir les anges j’apprécie la tendresse partagée et le silence. Vous ne saurez pas non plus ce que sont devenus les personnages, il faut embrasser leur âme et fermer les yeux,  marcher à côté, s’orienter dans le mystère.  En fait Jhon Deuf, Grozami, Marie, Robert, le psy c’est moi.
Bon, à la vôtre ! Je n’achète plus de bouteilles dans les rues obscures,  sous un ciel noir illuminé d’étoiles, main dans la main avec elle, les yeux pétillant comme les bulles du champagne, mais je me saoule d’absolu.

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